Prologue

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« Bon.. D'accord… C'est quoi, cet énième combat, cette guerre mondiale ? » Tu t'interroges, chère visiteuse ou cher visiteur. « Pourquoi suis-je venu(e) perdre mon temps de consommateur/-trice moderne dans cette galerie farfelue ? D'ailleurs c'est quoi tout ça ? De la photographie, de la peinture digitale, du photomontage ? Et puis c'est quoi cette guerre, bon sang ? Une nouvelle théorie du complot ? Il y a quoi à voir ? »

Désolé te le dire ainsi, mais il ne faut pas me poser la question à moi. Je ne suis pas un philosophe, un homme politique, un journaliste, un blogger. Je suis juste un artiste qui contemple ce monde et t'en donne ma vision de photographiste. Une contemplation personnelle.

Mais si ! La contemplation. T'arrêter pour regarder un truc qui t'interpelle. Que tu peux interpréter comme tu veux. Et que tu as même le droit de prendre le temps de détailler du regard. Cela sans obligation de cliquer dessus comme un dingue ou de « liker ».

Une contemplation du monde qui me procure des émotions, comme à toi. Tantôt plaisante, tantôt douloureuse. Souvent débordante de colère, souvent emplie de joie. Parfois positive, parfois pessimiste. Souvent ironique, mais jamais indifférente. Qui que tu sois, à ce moment de ta vie, faible ou fort, pauvre ou riche, triste ou joyeux, tu trouveras un combat qui te parlera : la puissance contre la faiblesse, la vie contre la mort, l'arrogance contre l'humilité, l'humour contre le prosélytisme…

Bref, tu vas voyager dans ma vision. Une vision parmi d'autres de ce jeu de rôles tellement humain, auquel veulent bien se prêter ici les animaux (merci les copines et les copains), souvent simples observateurs de nos combats, et pourtant si proches de ce que nous sommes parfois. Ni négative, ni positive, ni manichéenne, ma vision de la « world wild war » est donc une simple et humble odyssée artistique en plusieurs tableaux qui éveillera peut-être en toi des émotions et dont l'interprétation sera tienne. N'est-ce pas après tout le privilège de l'art ?

Bon voyage !

 

La révolte des souris jaunes

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Ça y est, c'est la révolution ! Les souris ont revêtu leurs gilets jaunes. Elles qui, d'habitude, tirent le diable par la queue, tirent cette fois celle du tigre pour le faire chuter. Peut-on laisser les inégalités se creuser sans créer les conditions de la violence ? Faut-il pour autant stigmatiser les plus puissants et s'en prendre ainsi à ceux qui ont « réussi » ?

Les souris des champs ont décidé que le temps des humiliations souterraines est révolu. Elles montent à la ville pour en découdre, fortes de la légitimité de leurs doléances.

Attention, petites souris ingénues, ne redoutez-vous pas le traquenard qui se tisse en toile de fond ? Rattrapé par d'autres forces obscures à l'œuvre dans nos rues, votre combat déborde de violence et rend progressivement votre cause inaudible. Les félins peuvent ainsi légitimement la railler et l'ensevelir sous une pelletée d'oubli. Le piège se referme…

Finalement, à la question « les souris sont-elles des gens comme nous », les félins répondent « non, certainement pas ! » Les souris qui ont pu, l'espace d'un instant, se croire victorieuses devront attendre patiemment l'occasion d'une revanche. Ce combat séculaire n'est pas terminé.

 

Qui est Tigris ?

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Qu'est-ce qu'il a, qu'est-ce qu'il fait, qui c'est celui-là ? Un petit air de déjà entendu sur radio réseaux. Ah Tigris ! Que fait-il en effet ? Mais surtout où va-t-il ? Tigris est paumé... il a perdu les repères que lui avaient légués des générations de félins. Dans cette société, il est l'héritier de la lignée des dominants, des vainqueurs, ceux qui ne laissent pas leur place au sommet. Mais Tigris ne sait plus si cet ordre lui convient, il est fatigué de cette guerre sans fin contre les souris. Il voudrait la paix, il souhaiterait partager, tout remettre à plat. Pourtant il sait que ce combat est vain, car personne des deux côtés du mur ne souhaite pactiser avec l'ennemi. Est-il lui-même réellement prêt à sacrifier son confort, ses privilèges ? Une petite voix lui dit que s'il ne le fait pas, son monde finira de toute façon par s'écrouler comme un château de cartes, dans une violence dantesque. Tigris cultive sa schizophrénie : tantôt il donne le change à sa caste et mène grand train, tantôt il joue le jeu dangereux de la victimisation des plus faibles et pactise avec la plèbe. Mais Tigris voudrait être authentique, ancré dans la réalité de celles et ceux qui souffrent, mais comment avoir ce courage quand on porte les stigmates de cette puissance héritée et confortable ?

 

La chatte sur un toit brûlant

La chatte sur un toit brûlant-Mid Res.jp

Paris. La ville des lumières a repoussé les dernières souris jaunes vers l'ombre hospitalière de la nuit. Sous les rayons de la pleine lune, les habiles et tenaces espionnes des forces félines écument désormais les toits pour chasser toute résistance des souris entrées dans la clandestinité.

Le « yellow mice power » se fait désormais plus subtil. Plus à l'aise à se mouvoir dans les égouts de la société qu'à briller sur le faîte de ses cimes, les rats mènent la guérilla contre les fiers matous aventureux. Ils sont aidés par les princesses de la nuit : les chauve-souris tant redoutées dans les fables populaires. Ces messagères nocturnes se font l'écho d'une angoisse animale venue du fond des âges.

Ô féline chartreuse, si sûre de ton pas agile, comment retrouveras-tu l'équilibre face à cette peur viscérale tapie dans les ténèbres de tes pensées ?

 

Le sandwich du père Cook

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De l'art de résister aux puissants avec panache et une once d'humour.

Devant le spectacle de cette reprise du piège de l'huître, orchestrée par des rats hilares aux dépens de ce vieux guépard, Jean de La Fontaine, lui-même surpris de cette revancharde facétie, se serait sans doute de nouveau esclaffé ici : « Tel est pris qui croyait prendre. »

Ce félin gullivérien, tout auréolé de son bon droit d'explorer et d'évangéliser les peuples outre-mer, imaginait-il pouvoir piétiner en toute impunité la plage de ces braves Lilliputiens à museau pointu ? Les coloniser ? Leur prendre ce qu'ils avaient de plus cher ? Ou n'est-il qu'un innocent voyageur ? Une victime de son insatiable curiosité de scientifique, aveuglé par l'image qu'il se fait de sa propre destinée dans la grande roue du progrès ? Par quelle volonté de puissance a-t-il été conduit sur une île inconnue, pathétique victime d'un mauvais repas de famille ?

Tendre comme l'agneau de lait ou dur comme la carne ? Coupable en tout cas pour cette famille de rats des îles.

(Un)equal suspects ?

 
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Ah, cruelle pandémie qui vient rebattre les cartes ! Pourquoi viens-tu ainsi perturber leur conflit ancestral ? Ils étaient pourtant bien lancés avec leur propre « quoi qu'il en coûte », la « world wild war » était une entreprise qui tournait bien : profits garantis aux bons étages et inégalités en passe de crever les plafonds. Y aura-t-il un fond de solidarité pour eux aussi ? 

 Innocents ou coupables, opulents ou démunis, mais dans tous les cas suspects d'être le contaminant de l'autre, ils seraient donc tous embastillés entre quatre murs de confinement ? Est-ce finalement bien réel ? Cette équité incongrue entre chats et souris ne serait-elle que de façade ? Serait-ce une vilaine farce que leur jouerait de nouveau leur destin animal ? 

Un professeur de philosophie pourrait ainsi poser une question digne d'un sujet de baccalauréat : « les lois de la Nature sont-elles de nouveau plus fortes que l'ordre social ? »

Fort heureusement, cette intempestive glaciation de leur lutte intestine va vite se réchauffer sous le doux soleil des fausses promesses.

L'aiguillon enragé

 
L'aiguillon enragé

Allons, ces grands gaillards rugissants ne vont quand même pas reculer devant tant de bonté divine ! Ces braves petits rats, qui jadis étaient traités comme de vulgaires trafiquants de peste bubonique, sont désormais volontaires pour inoculer rageusement à qui lève le bras le nectar miraculeux, qui permettra à tous ces félins urbains de retrouver la toute puissante vie sociale qui leur a tant manqué. Et cela, en toute équité… Voyons voir, c’est peut-être cela qui les gêne après tout : leur absence de libre arbitre devant la seringue ? Au diable cette liberté de privilégié ! Après tout, n’ont-ils pas rogné sur cette dernière en ce siècle nouveau au nom de la surenchère sécuritaire ? Alors, qu’ils ne fassent pas la fine bouche, ces fiers héritiers de la ploutocratie en perdition, qu’ils prennent enfin leur dose de sésame pour la liberté de circuler ! Et puis non, finalement, qu’ils ne prennent rien. Qu’ils laissent donc ces rats profiter pleinement de cette bénédiction de Pasteur et qu’ils aillent grossir les rangs des joueurs du bonneteau de la vie. 

La chute

 
La chute

Sa vie défile en kaléidoscope devant ses yeux ahuris par la soudaineté de ce qui lui arrive. Sa chute est si longue dans un espace de temps si bref. Il était encore, il y a quelques secondes, un jeune félin vif et impétueux, fort de sa jeunesse, et pourtant inconsciemment si vulnérable face au rouleau compresseur de la vie. Que lui arrive-t-il ? Ces maudites souris lui ont-elles encore tendu un de leur piège abject sur les toits de la ville lumière ? Le jettent-elles dans une de leurs geôles au fond de leurs égouts nauséabonds ? Mais, non… Il est bien tombé tout seul, sans doute par insouciance de l’instant. Il était là, au mauvais endroit, au mauvais moment. Pourquoi chercher un sens à tout cela ? Il n’a plus le temps. Personne n’a le temps. Chats ou souris, ils ne sont tous que de simples fétus de paille, accrochés à une grosse boule de terre et d’eau, qui tourne autour d’une étoile dans une course folle et infinie. Ils n’ont pas d’autre temps que celui de s’affronter ou de s’entendre, et même parfois, de s’aimer. Ils n’ont qu’une vie et la sienne se termine bientôt, heureusement sans souffrance. Les autres restent ici et continueront de tourner sans lui. Certains ne le connaîtront jamais, d’autres l’oublieront, ceux qui l’aimaient le garderont vivant dans leur cœur. Adieu ou peut-être à rien ! Son âme est peut-être partie pour qu’on la retrouve dans une autre facette de ce mystérieux univers ou s’est tout simplement dissoute dans le néant. Mais dans tous les cas, sa vie ne pourra se résumer à ce dramatique instant. Tout cela valait bien le coup d’être vécu.

Winter is coming

Winter is coming
 

Elle attend. Quoi ? Un signe, une fin, un renouveau ? Lui, l'être aimé, perdu à jamais ? Son regard humide erre au loin, dans cet horizon embrumé. Est-il encore là ? Quelque part au-delà de ces nuages ? Dans un entre-deux-mondes ? Perdu dans le Schéol ? Epanoui dans l'un des paradis célestes promis ? Parmi les feuilles de ces arbres ou dans une de ces fines particules de neige ? Dans l'un de ces oiseaux qui chantent encore au cœur de ce froid enveloppant et sec ? L'hiver est arrivé progressivement pour elle et a pétrifié son cœur. En quête de consolation, féline et solaire, aguerrie aux combats de la vie, jamais son habituelle toute-puissance n'a été plus fragile. Fatalement vulnérable aux terribles embuscades de cette vermine insidieuse. Dissimulée dans les recoins de ce jardin du deuil, cette engeance endémique lui distille son étrange curare. Ce poison-là est diffus, progressif, déterminé, fait pour tuer… à petit feu, tel un cancer de l'esprit. Cette guérilla n'a pas de nom, elle ne fait que commencer. L'hiver est venu pour elle, reverra-t-elle un jour un printemps ? Elle attend.

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À suivre... À bientôt !